Qu’est-ce que la “fenêtre d’implantation” dans le traitement de la fertilité et comment l’améliorer

Laura Garcia-Miguel
Directrice Medicale , Clínica Tambre

Categoria:
Implantation d’embryons

L'EFFET DE L'ENDOMÉTRIOSE SUR LE RÉSULTAT DE LA FIV:ICSI_Tambre_g

Qu’est-ce que la “fenêtre d’implantation” dans le traitement de la fertilité et comment l’améliorer

Lors de notre événement en direct avec le Dr Laura García Miguel, directrice médicale de la clinique Tambre à Madrid, a expliqué comment optimiser la fenêtre d’implantation et améliorer les chances de succès des traitements IVF/ICSI.

Le webinaire a été animé par Stéphanie Toulemonde, coach en fertilité émotionnelle et cofondatrice de She Oak à Barcelone.

Les femmes, à la naissance, ont toutes environ 2 millions d’ovules et aucun ovule n’est produit par la suite. Environ 11.000 ovules sont perdus chaque mois avant la puberté.

À l’adolescence, il reste entre 300.000 et 400-000 ovules et à partir de ce moment, environ 1.000 ovules sont perdus chaque mois.
Le mode de vie, l’alimentation, les grossesses ou même les stimulations ovariennes n’influencent pas cette perte. Lorsqu’une femme arrive en « rupture de stock » de ses ovocytes, les ovaires cessent de produire des œstrogènes et la ménopause commence.

Qu’est-ce que l’endomètre ?

L’endomètre est la couche interne de l’utérus où l’embryon s’implante et où le fœtus va se développer pendant les 9 mois de la grossesse.

L’endomètre change chaque mois sous l’effet des hormones. Les œstrogènes sont les hormones de la première phase du cycle, qui agissent sur l’épaississement de la paroi interne de l’utérus. La progestérone prépare ensuite l’endomètre pour la grossesse, en nourrissant la paroi utérine pour la rentre plus réceptive, améliorant ainsi l’implantation de l’embryon.

Pourquoi est-ce important d’optimiser l’endomètre ? Parce que c’est l’endroit où l’embryon va s’implanter : un bon endomètre augmentera donc les chances de succès de la grossesse.

Qu’est-ce que c’est la fenêtre d’implantation ?

C’est la période où l’endomètre est dans les meilleures conditions pour que l’embryon s’implante-t-on parle alors d’un endomètre réceptif.

Cette période se situe généralement entre les jours 19 et 21 du cycle menstruel.

C’est un moment clé pour le succès des traitements de fertilité, et si l’embryon est transféré en dehors de cette fenêtre, les chances de succès diminuent.

Qu’est-ce qui influence la réceptivité endométriale ?

L’endomètre doit donc être dans des conditions optimales pour que l’embryon puisse s’y fixer.

La synchronisation entre l’embryon et l’endomètre est essentielle. Si on procède à un transfert d’embryon à J5 par exemple, on doit « transformer » l’endomètre avec 5 jours de progestérone. Si la fenêtre d’implantation est déplacée, alors on va changer à 6 jours ou 4 jours.

Les facteurs influençant la réceptivité de l’endomètre sont :

  • Les hormones (principalement la progestérone) : c’est la raison pour laquelle, avant un transfert d’embryon, on recommande une supplémentation en progestérone (sous forme d’ovules) et de tester le niveau de progestérone.
  • L’état de l’endomètre : santé, épaisseur, structure.
  • D’autres facteurs biologiques peuvent être évalués pour mieux comprendre la réceptivité de l’endomètre.
  • L’absence de préparation peut entraîner des échecs d’implantation et, par conséquent, l’échec du traitement de fertilité.

La personnalisation du traitement est indispensable pour s’assurer que toutes les conditions sont réunies pour une bonne implantation de l’embryon.

Identifier le moment exact de la fenêtre chez chaque patiente améliore les taux de succès. Or, toutes les femmes n’ont pas la même fenêtre d’implantation et environ 30 % des patientes présentent des variations dans leur fenêtre d’implantation : on parle d’endomètre pré-réceptif ou post-réceptif.

Sur un endomètre pré-réceptif, on devra faire le traitement de progestérone pendant un peu plus longtemps, par exemple 6 ou 7 jours au lieu de 5.

Et sur un endomètre post-réceptif, on effectuera le transfert avec moins de jours de progestérone.

Comment évaluer la fenêtre d’implantation d’une femme ?

Des évaluations avancées permettent de déterminer le moment le plus réceptif de l’endomètre pour le transfert des embryons.

La recherche continue et les innovations technologiques sont essentielles pour améliorer la précision de ce diagnostic.

À la clinique Tambre, plusieurs techniques sont réalisées pour optimiser la préparation de l’endomètre :

  • Un suivi échographique, sous forme d’échographie vaginale, pour confirmer la morphologie et l’épaisseur de l’endomètre.
  • Un suivi hormonal, principalement de la progestérone, afin d’éviter une ovulation précoce.
  • Des traitements personnalisés pour adapter chaque thérapie à la patiente : par exemple, des traitements anticoagulants, des traitements immunosuppresseurs ou encore des probiotiques pour améliorer la flore du microbiome.

Voici les traitements mis en place pour la préparation endométriale :

1/ En cas d’insémination artificielle ou de FIV avec ovules propres et transfert « en frais : la progestérone va s’administrer lors de la deuxième phase du cycle, c’est-à-dire après la ponction folliculaire ou après l’insémination.

La préparation de l’endomètre suit alors un cycle naturel, dépendant du développement des follicules et de l’endomètre de la femme.

2/ En cas de don d’ovocytes, de cycles avec embryon congelé ou de méthode ROPA : on va également administrer la progestérone dans la deuxième phase de préparation de l’endomètre.

Un cycle substitué est utilisé, avec des œstrogènes administrés dès le début du cycle, et de la progestérone ajoutée lorsque l’endomètre est prêt, ouvrant la fenêtre d’implantation.

On peut effectuer le transfert sur cycle naturel, mais dans 40 % des cas de don d’ovocytes, notamment dans le cas de patientes avec des règles irrégulières ou vivant à l’étranger, le transfert va se faire sur un cycle substitué avec des œstrogènes.

Comment améliorer la réceptivité de l’endomètre ?

Pour définir la fenêtre d’implantation, on utilise le test ERA ou TIME, qui se font par biopsie endométriale. On reproduit un cycle de traitement hormonal, mais au lieu de faire le transfert d’embryon, on prélève un bout de l’endomètre pour faire une biopsie et étudier par profil génétique si l’endomètre est bien réceptif. Cela permet d’identifier une variation dans la fenêtre d’implantation – et une adaptation du traitement et du jour du transfert en fonction.

Des recherches en cours explorent également de nouvelles technologies, y compris l’intelligence artificielle (IA), pour prédire la réceptivité de l’endomètre. Ces innovations pourraient améliorer l’identification du moment optimal de transfert.

Les avantages d’une meilleure évaluation de la fenêtre d’implantation sont :

  • L’amélioration du taux de réussite en réalisant le transfert au moment optimal,
  • La réduction des échecs grâce à une meilleure synchronisation de l’endomètre
  • L’optimisation des ressources, en évitant de « gâcher » des embryons viables lors de périodes non réceptives.

L’importance de l’âge :

Sur le graphique présenté, on voit clairement un lien direct entre l’âge (et donc la qualité et la quantité des ovules) et les taux de réussite de la FIV. Les probabilités de grossesse à 20 ans sont très élevées, mais diminuent drastiquement à partir de 40 ans.

EN CONCLUSION :

  • La fenêtre d’implantation est un facteur crucial pour la réussite d’une grossesse.
  • Une préparation endométriale adéquate, associée à l’utilisation des nouvelles technologies comme l’IA, peut améliorer significativement les chances de réussite des traitements de fertilité.
  • La Clínica Tambre est à la pointe de la médecine reproductive avancée, avec pour objectif d’améliorer continuellement les résultats pour ses patientes.
  • Nous sommes engagés à offrir le meilleur soutien et traitement à nos patientes.

Est-ce que la fenêtre d’implantation peut varier d’un cycle à l’autre ?

Normalement, si on réalise le même traitement d’un cycle à l’autre, la fenêtre d’implantation reste toujours la même. Le test ERA, par exemple, est donc toujours valable et on n’a pas besoin de le refaire au bout de six mois.

Dans quelle situation est-ce que vous conseillez de faire ce test de la fenêtre d’implantation ? Est-ce que c’est un test qu’on fait au début avant de commencer, ou après plusieurs échecs ? Je vais réaliser ma première FIV (infertilité inexpliquée, nous essayons depuis plus de deux ans).

À priori, ce n’est pas un test que l’on recommande lors d’un premier essai. Nous recommandons d’essayer au moins une fois avec un embryon de bonne qualité, et s’il n’y pas d’implantation alors reconsidérer les stratégies et peut-être faire le test de la réceptivité.

J’ai fait une FIV avec embryon DPI, qualité AB, et ça n’a pas implanté. Je vais bientôt faire une nouvelle tentative, mes médecins ne me conseillent pas de faire l’examen de fenêtre d’implantation par absence de preuves scientifiques. Ils m’ont juste conseillé de faire une hystéroscopie, thrombophilie et microbiote. Est-ce que c’est suffisant pour avoir les chances pour que cette tentative fonctionne ? J’ai 39 ans je vais faire une FIV avec donneur de sperme et j’ai la thyroïde légèrement élevée.

Alors probablement, dans ce cas, la thyroïde peut être la principale cause – même s’il faut être conscient que tous les embryons, même ceux d’excellente qualité et testés génétiquement, peuvent ne pas s’implanter.

Je suis d’accord avec le gynécologue qui a recommandé de faire le test du microbiote, mais je conseillerais en parallèle de faire quand même le test de la réceptivité, car même si l’évidence scientifique n’est pas énorme, quand il y a peu d’embryons, on essaie tout de même faire un maximum de tests pour écarter les différentes causes possibles de non-implantation.

Le test ERA se pratique-t-il sous anesthésie ?

Non pas obligatoirement, en général, on le pratique en salle de consultation, sans sédation. Mais pour les patientes qui ont un parcours PMA avec beaucoup de douleurs, et que le geste angoisse, on peut le faire sous sédation.

C’est un peu douloureux, un peu comme des fortes douleurs de règles, mais c’est très rapide.

Que pensez-vous du PRP pour améliorer la réceptivité de l’endomètre ? Est-ce une technique qui a fait ses preuves et dans quel cas ?

Oui, à la clinique Tambre nous effectuons le PRP, mais surtout pour améliorer l’épaisseur de l’endomètre quand celle-ci n’est pas suffisante.

Je pense qu’en PMA, il est très important de proposer des stratégies et d’en discuter avec les patients.

Et l’acupuncture ?

Les études ne démontrent pas un pourcentage clair d’augmentation des chances d’implantation avec l’acupuncture, mais une chose est sûre, c’est que l’acupuncture aide à se détendre – donc c’est quelque chose de positif, pour les patients qui sont ouverts à cette thérapie naturelle.

Pourquoi doit-on prendre une pilule contraceptive en début de traitement et quels sont les risques de prendre la pilule pour les femmes de plus de 45 ans ?

Normalement, on prescrit la pilule contraceptive pour synchroniser le traitement, pour des questions d’organisation ou pour éviter une ovulation précoce pendant le cycle de préparation de l’endomètre pour les patientes ayant des cycles très courts.

Pour les femmes qui sont déjà ménopausées ou en pré-ménopause avancée, la pilule permet de mieux contrôler le cycle, la durée du cycle, etc.

Il y a toujours un risque avec la pilule, donc il faut bien exclure les patients avec des antécédents de problème de coagulation, d’AVC ou autre problème de ce type.

Est-ce qu’il y a quelque chose que les patientes peuvent faire, à travers de l’alimentation ou autre, pour améliorer la réceptivité de l’endomètre ?

Un aspect très important est le tabac, car cela peut diminuer la probabilité d’implantation. Il faut donc le réduire au maximum.

En termes d’alimentation, on doit essayer d’avoir une diète équilibrée, bien sûr, avec beaucoup d’antioxydants qui feront que notre système reproductif fonctionnera au mieux.

Et si jamais vous avez une infection ou quelque inconfort que ce soit au niveau génital, il est très important de consulter votre gynécologue parce qu’il peut s’agir d’infections ou de bactéries au niveau de l’endomètre et qui pourraient être la cause de problèmes d’implantation. En cas de problème, votre gynécologue pourra vous prescrire des antibiotiques ou des probiotiques.

Est-ce qu’une infection urinaire le même jour même du transfert peut affecter l’implantation d’un embryon ?

Oui cela peut avoir un impact, mais surtout parce que si vous avez de la fièvre ou une infection urinaire, il y a une réponse du système immunitaire qui peut impacter également l’implantation. Donc ce n’est pas le moment idéal pour faire un transfert.

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Laura Garcia-Miguel

Le Dr Laura García de Miguel travaille dans le domaine de la gynécologie et de l'obstétrique depuis 2008. Elle est actuellement Directrice médicale de la Clínica Tambre à Madrid, en Espagne. La Dre García de Miguel a une grande expérience de la FIV et propose une approche très personnalisée à chaque patiente et des traitements sur mesure pour répondre aux besoins des différents patients. La Dre García de Miguel est spécialisée dans le traitement des patients qui ont déjà connu des échecs de FIV ou qui réagissent mal à un traitement hormonal ou de FIV. La Dre Laura parle couramment l'espagnol, l'anglais et le français et traite des patients du monde entier.
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Stéphanie Toulemonde

Stéphanie Toulemonde est une mère de deux magnifiques filles conçues par FIV et une Coach en Fertilité. Elle a vécu l'infertilité et les traitements de procréation médicalement assistée, ainsi que les montagnes russes émotionnelles associées à ces processus : l'espoir de fonder une famille mêlé à des sentiments plus complexes tels que la déception, la tristesse, le stress, la colère, la jalousie, la solitude, la culpabilité, les piqûres, l'attente, etc. Après la naissance de ses filles, elle a ressenti le besoin d'agir et d'apporter son aide et son soutien aux femmes et aux couples. Elle s'est formée et certifiée en tant que coach professionnel au CTI (Coaches Training Institute) et accompagne depuis 2017 les personnes en traitement de fertilité. À travers le coaching, elle les aide à mieux vivre le processus, à accepter leurs émotions, à renouer avec la confiance, à prendre des décisions parfois complexes, à communiquer avec leur entourage, à valoriser d'autres aspects de leur vie et à ne pas vivre à 100% pour ce désir de maternité ou paternité. De plus, elle est co-fondatrice de l'association She Oak à Barcelone, une organisation à but non lucratif offrant un soutien émotionnel, psychologique et physiologique (via des thérapies naturelles) aux futurs parents.
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