Comment la fragmentation de l’ADN des spermatozoïdes peut-elle influencer les résultats de la FIV?

Laura Garcia-Miguel
Directrice Medicale , Clínica Tambre

Categoria:
Facteur masculin

LA FRAGMENTATION DE L'ADN-TAMBRE-g

Comment la fragmentation de l’ADN des spermatozoïdes peut-elle influencer les résultats de la FIV?

La Dr Laura Garcia de la clinique Tambre aborde le sujet de la fragmentation de l’ADN des spermatozoïdes, et plus généralement les causes possibles d’échec implantatoire ou de fausse-couche liées au facteur masculin.

Le webinaire a été animé par Stéphanie Toulemonde, coach en fertilité émotionnelle et cofondatrice de She Oak à Barcelone.

Votre premier rendez-vous à la clinique se fera avec nos spécialistes en gynécologie qui vont effectuer une anamnèse complète ainsi que tous les tests diagnostiques nécessaires. Si besoin, vous aurez également un rendez-vous avec notre urologue.
La clinique Tambre dispose de deux laboratoires (laboratoire d’andrologie et laboratoire de fécondation in vitro), d’une équipe experte multidisciplinaire (biologistes, gynécologues, médecin généraliste, immunologue et psychologue), et garantit une communication constante et humaine avec vous pour vous accompagner au mieux dans votre projet parental.

Diagnostic de base : analyse du facteur masculin

La première étape dans le diagnostic est celle du spermogramme. Celui-ci se fait après une abstinence sexuelle de 3 jours. Nous recommandons généralement de faire le recueil à la clinique, dans notre salle de recueil. Mais en cas de besoin ou de souci psychologique, vous pouvez effectuer le recueil à votre hôtel et apporter ensuite le flacon à la clinique.

Le spermogramme permet de faire une évaluation de l’aspect général des spermatozoïdes :

  • leur concentration et leur mobilité, afin de définir la technique de fécondation la plus indiquée
  • leur morphologie.

En termes de morphologie, les spermatozoïdes peuvent présenter plusieurs types de problèmes ou altérations (défauts de la tête, des pièces médianes ou de queue, ou spermatozoïdes sans acrosome). Il est assez extraordinaire de trouver un spermogramme avec une morphologie 100% normale et les dernières classifications de l’OMS nous disent qu’un spermogramme avec 4 % de spermatozoïdes morphologiquement normaux est déjà un spermogramme d’excellente qualité. Donc il n’y a pas lieu de s’inquiéter si on a un taux de spermatozoïdes normaux de 4, 5 ou 6%.

Voici les différentes typologies d’altération du sperme :

  • aspermie : absence totale des spermatozoïdes
  • asthénozoospermie : mobilité progressive inférieure à 32 %
  • azoospermie : pas de spermatozoïdes
  • hypospermie : quantité de sperme inférieure au volume minimum de 1,5 ml
  • oligozoospermie : moins de 15 millions de spermatozoïdes par millilitre
  • nécrozoospermie : moins de 50 % de spermatozoïdes vivants dans l’éjaculat
  • tératospermie : altération de la morphologie des spermatozoïdes supérieure aux 4% commentés plus haut
  • leucospermie : quantité de leucocytes plus élevée que la normale

Les tests complémentaires

Le test Comet Fertility:

Il s’agit d’un test de la fragmentation de l’ADN, qui nous permet d’étudier l’aspect des spermatozoïdes et de rechercher des fragmentations ou des lésions dans les brins d’ADN des spermatozoïdes qui peuvent être à l’origine d’un faible taux de fécondation, d’un développement embryonnaire lent et d’un risque accru de fausse couche. En fonction des résultats du Comet Fertility, l’équipe médicale décidera si on doit utiliser le Zymot (Fertile Chip), qui permet avec une caméra microfluide de sélectionner, par rapport aux mouvements des spermatozoïdes, ceux qui ont la fragmentation la plus basse.

Le Chromosperm

Il s’agit d’un test complémentaire, moins fréquent, qui permet de voir la charge chromosomique des spermatozoïdes et donc d’identifier s’il y a des altérations chromosomiques dans l’éjaculat. Le Chromosperm nous permettra d’évaluer la nécessité de faire un diagnostic préimplantatoire (DPI), afin d’améliorer les résultats de la FIV.

La culture de sperme et d’urine

Quand il y a un faible volume de sperme (par exemple en cas d’hypospermie ou d’asthénozoospermie sévère), on va vous recommander de faire ce test pour exclure des altérations ou infections génito-urinaires qu’on pourrait potentiellement traiter avec des antibiotiques pour donner de meilleurs résultats.

Si c’est nécessaire, on discutera de la possibilité de passer par le sperme d’un donneur, mais ce sera toujours en dernier recours, car nous sommes conscients de l’importance pour les patientes d’utiliser leurs propres gamètes. En cas de don de sperme, on pourra potentiellement faire le matching génétique entre le candidat donneur et vous.

Les indications et protocoles recommandés

Tous ces tests sont très importants en cas de :

  • échecs de FIV
  • fausses-couches à répétition
  • mauvaise qualité embryonnaire

Nous avons eu à la clinique récemment l’exemple d’une patiente qui a déjà fait 2 FIV. Elle est jeune avec une bonne réserve ovarienne. Lors de la ponction, beaucoup d’ovules sont prélevés, mais l’arrivée à blastocyste des embryons à J5 est assez faible. Elle a déjà transféré quatre embryons, sans succès. Son époux fume 30 cigarettes par jour. Dans ce cas-là, on recommande très fortement, avant de continuer à faire des transferts, d’étudier la fragmentation de l’ADN pour voir si tout est normal ou s’il y a des altérations sur le brin simple ou le brin double de l’ADN des spermatozoïdes.

Si nous avons une altération de la fragmentation de l’ADN simple brin, nous vous recommanderons un traitement à base d’antioxydants, afin d’améliorer la qualité de fragmentation de l’ADN sur le prochain cycle de « création » de spermatozoïdes (cycle de 3 mois). En parallèle, nous vous recommanderons également d’améliorer votre style de vie et de réduire votre consommation de tabac et d’alcool.

Si c’est la fragmentation de l’ADN double qui est altérée, alors nous vous recommanderons la technique ZyMot (Chip fertile), pour une meilleure sélection des spermatozoïdes avec une fragmentation plus faible. Nous recommanderons également un traitement complémentaire de 3 mois à base de curcuma (à priori les antioxydants ne fonctionnent pas très bien sur la fragmentation double) avant un prochain recueil de sperme.

Le Chromosperm permet d’évaluer le contenu chromosomique des spermatozoïdes, il est donc recommandé dans les cas complexes de patients avec un bon pronostic initial, mais avec des échecs d’implantation, ou alors en cas de fausses-couches répétées.

L’alternative du don de sperme

Si la clinique considère que la probabilité de succès avec vos propres spermatozoïdes est trop faible, elle vous recommandera de passer par un don de sperme et sélectionnera le meilleur candidat pour vous. Nous sommes la première clinique à Madrid à avoir notre propre banque de sperme et mettons en place un processus de sélection approfondi des donneurs.

Les donneurs en Espagne sont anonymes et ont moins de 35 ans. La loi espagnole nous impose de sélectionner le donneur avec les caractéristiques physiques les plus proches possible du receveur. Chez Tambre, nous utilisons également la technologie informatique Fenomatch, qui étudie la physionomie du receveur et permet de sélectionner le donneur le plus ressemblant.

Toutes ces analyses nous permettront d’aboutir à votre diagnostic, et d’établir une approche individualisée de votre traitement.

À quoi correspond le test FISH ?

Le test FISH est similaire au Chromosperm. C’est un test sur les spermatozoïdes pour identifier de possibles altérations chromosomiques, et déterminer si un DPI (diagnostic pré-implantatoire) est nécessaire pour faire une sélection embryonnaire.

Il s’agit d’un test assez cher (environ 500€), donc si vous pensez de toutes façons faire le DPI, ce n’est pas forcément nécessaire de faire le test FISH.

En cas d’asthénozoospermie, que peut-on faire en tant que patient pour améliorer la qualité du sperme ?

S’il s’agit d’une athénozoospermie sévère, on doit d’abord exclure une possible infection, que l’on pourrait potentiellement corriger avec un traitement antibiotique.

S’il s’agit juste d’une asthénozoospermie sans altération de la fragmentation, la méthode ICSI devrait fonctionner, car elle permet de placer les spermatozoïdes préalablement sélectionnés (et donc « bons ») à l’intérieur de l’ovule pour améliorer la capacité de fécondation.

En termes d’hygiène de vie, nous recommandons d’avoir un mode de vie le plus sain possible : arrêter au maximum le tabac ; diminuer la consommation d’alcool, de café, de thé et de Coca-Cola ; avoir une alimentation riche en légumes et en fruits (donc pas de fast-food !) ; faire du sport deux ou trois fois par semaine ; et enfin essayer d’améliorer la qualité du sperme avec des antioxydants, comme le curcuma par exemple.

Vous pouvez aussi faire un éjaculat de manière assez fréquente (minimum tous les 3 jours) pour rénover la fabrication des spermatozoïdes et améliorer leur capacité de régénération.

Est-ce que l’acupuncture peut aider également en cas d’altération du spermogramme?

Il n’y a pas d’évidence scientifique claire sur le sujet. Mais je dis toujours à mes patients que si l’acupuncture leur convient bien et qu’ils y croient, ils peuvent y faire appel, car cela n’aura jamais d’impact négatif.

Mais encore une fois, le plus important, c’est d’abord d’exclure des possibles altérations et d’essayer d’améliorer la qualité du sperme avec une hygiène de vie saine et des compléments alimentaires et des antioxydants.

Quels avantages à passer par l’Espagne en cas de mauvais spermogramme, ou en cas de mauvaise fragmentation de l’ADN des spermatozoïdes ? Quelles sont les différences avec la France ?

La clinique Tambre a des laboratoires très modernes, disposant des dernières technologies et des meilleurs équipements. Cela nous permet de trouver le meilleur spermatozoïde, et de créer les meilleurs embryons possibles.

Par rapport à la France, on peut donc proposer des technologies comme le ZyMot (Chip fertile) dont on a déjà parlé, ou le Sperm Slow (méthode de sélection des spermatozoïdes par rapport à leur mobilité).

Ensuite, en Espagne, nous avons beaucoup d’expérience et des équipements très performants pour l’incubation des embryons, qui nous permet de faire pousser les embryons jusqu’à J5 et d’avoir de meilleurs résultats.

Et surtout, la principale différence avec la France, c’est le diagnostic préimplantatoire (DPI). Chez Tambre, nous avons notre propre équipe experte, qui peut faire la biopsie de l’embryon dans nos installations.

Tout cela fait qu’effectivement, les résultats en Espagne sont meilleurs qu’en France, et surtout plus rapides.

Faut-il attendre après un échec chez une patiente ménopausée ?

Non. La préparation repose sur un cycle artificiel avec des œstrogènes et de la progestérone. Après un bêta-hCG négatif, leur arrêt provoque un saignement de privation, pas de véritables règles. Le traitement peut reprendre immédiatement.

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Laura Garcia-Miguel

Le Dr Laura García de Miguel travaille dans le domaine de la gynécologie et de l'obstétrique depuis 2008. Elle est actuellement Directrice médicale de la Clínica Tambre à Madrid, en Espagne. La Dre García de Miguel a une grande expérience de la FIV et propose une approche très personnalisée à chaque patiente et des traitements sur mesure pour répondre aux besoins des différents patients. La Dre García de Miguel est spécialisée dans le traitement des patients qui ont déjà connu des échecs de FIV ou qui réagissent mal à un traitement hormonal ou de FIV. La Dre Laura parle couramment l'espagnol, l'anglais et le français et traite des patients du monde entier.
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Stéphanie Toulemonde

Stéphanie Toulemonde est une mère de deux magnifiques filles conçues par FIV et une Coach en Fertilité. Elle a vécu l'infertilité et les traitements de procréation médicalement assistée, ainsi que les montagnes russes émotionnelles associées à ces processus : l'espoir de fonder une famille mêlé à des sentiments plus complexes tels que la déception, la tristesse, le stress, la colère, la jalousie, la solitude, la culpabilité, les piqûres, l'attente, etc. Après la naissance de ses filles, elle a ressenti le besoin d'agir et d'apporter son aide et son soutien aux femmes et aux couples. Elle s'est formée et certifiée en tant que coach professionnel au CTI (Coaches Training Institute) et accompagne depuis 2017 les personnes en traitement de fertilité. À travers le coaching, elle les aide à mieux vivre le processus, à accepter leurs émotions, à renouer avec la confiance, à prendre des décisions parfois complexes, à communiquer avec leur entourage, à valoriser d'autres aspects de leur vie et à ne pas vivre à 100% pour ce désir de maternité ou paternité. De plus, elle est co-fondatrice de l'association She Oak à Barcelone, une organisation à but non lucratif offrant un soutien émotionnel, psychologique et physiologique (via des thérapies naturelles) aux futurs parents.
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