Vladimiro Silva
Directeur scientifique et exécutive , Ferticentro
Categoria:
IVF Età Materna Avanzata
Lors de cet événement, Vladimiro Silva, Embryologue, Directeur scientifique et exécutive de Ferticentro au Portugal, a discuté tout ce qu’il faut savoir sur la maternité en solo.
Le webinaire a été animé par Stéphanie Toulemonde, coach en fertilité émotionnelle et cofondatrice de She Oak à Barcelone.
La première chose à faire si vous avez un projet de maternité en solo est de contacter un spécialiste de la PMA, parce qu’il y a nombreux paramètres à évaluer au préalable afin de déterminer le traitement le plus adapté pour vous. Parmi ces paramètres, le plus important est votre âge. Avant 35 ans, le pronostic est très bon ; après 35 ans, une grossesse est bien sûr possible, mais nous devrons avancer plus vite. PMA au Portugal, il y a une limite d’âge de 50 ans.
Le paramètre le plus important est l’hormone antimüllérienne, ou AMH. On peut voir sur le graphique présenté qu’une femme âgée de 36 ans avec une AMH de 2,5 aura en moyenne 11,4 ovocytes, ce qui lui donne une probabilité de 60% d’obtenir une naissance. Si la femme a moins de 35 ans et une AMH de 6, elle aura en moyenne 26 ovocytes et une probabilité supérieure à 90% d’avoir un enfant.
Selon votre âge et votre taux d’AMH, on va donc pouvoir faire une estimation du nombre d’ovocytes qu’on pourra obtenir et de la probabilité d’avoir un enfant. Cela influencera le choix du traitement (insémination, FIV, cumul ovocytaire, ou même conservation de vos ovocytes si vous n’êtes pas tout à fait prête à vous lancer).
Au-delà de l’AMH, l’âge de la femme est également un facteur clé : pour les femmes plus âgées, les chances de réussite sont plus faibles et le nombre d’ovocytes nécessaires est plus élevé.
L’analyse de ce graphique aide à la prise de décision, par exemple quand il s’agit de congeler ses ovocytes pour préserver sa fertilité, ou quand on envisage la possibilité de faire un cumul ovocytaire (au travers de plusieurs stimulations) afin d’anticiper une diminution de la qualité ovocytaire de la femme. Nous en discutons toujours avec les patientes, afin de comprendre ce qu’elles souhaitent, quel est leur plan de vie et leur souhait familial pour l’avenir, etc.
Plus l’âge de la femme avance, plus le risque d’anomalie génétique des embryons est élevé. On voit par exemple qu’une femme de 38-40 ans a déjà en moyenne 64 % de probabilité d’avoir un embryon qui n’est pas normal du point de vue génétique (et donc un embryon qui ne donnera pas de grossesse évolutive). À partir de cet âge-là, nous recommandons donc l’utilisation du PGT-A (au Portugal où celui-ci est autorisé, contrairement à la France).
Quand on transfère un embryon testé génétiquement, les probabilités de grossesse sont relativement stables pour tous les groupes d’âge. Le DPI ne va pas améliorer la qualité des embryons, mais il va nous aider à sélectionner les embryons qui ont un meilleur pronostic – et donc à améliorer le taux de réussite.
Chez Ferticentro, nous avons notre propre banque de sperme, et nous travaillons également avec des banques de sperme externes (par exemple, au Danemark). Au Portugal, nous avons l’avantage d’avoir l’une des lois de PMA les plus avancées et les plus favorables : les enfants qui sont issus d’un don ont le droit d’accéder à l’identité de leur donneur à l’âge de 18 ans. Cet accès à l’identité du donneur est accordé et garanti par l’État portugais, et ces informations sont conservés pendant 75 ans – c’est-à-dire que même si une clinique ferme, l’accès à l’identité du donneur est protégé.
C’est la même loi que celle qui existe en France, mais ce n’est pas le cas dans d’autres pays reconnus pour la PMA – comme l’Espagne par exemple.
Comment choisir le donneur ? Pour les donneurs provenant de notre banque de sperme, c’est la clinique qui vous proposera un profil que vous pourrez approuver ou non. Si vous préférez choisir un donner d’une banque de sperme externe, vous sélectionnerez vous-même le profil du donneur en ligne.
À savoir sur le don de sperme au Portugal:
Le don non anonyme permet donc en résumé :
Dans le cas des donneurs propres de la clinique :
La clinique fait une évaluation clinique complète incluant :
En tant que patiente, la clinique vous proposera un donneur en vous donnant accès aux informations suivantes : son origine, ses caractéristiques physiques, son groupe sanguin, son niveau d’étude, son teint de peau, la liste des examens cliniques qui ont été faits, une évaluation de son intelligence émotionnelle, une évaluation de sa personnalité, des informations concernant sa famille (parents, grands-parents, frères et sœurs), ainsi que certaines informations sur sa personnalité.
Vous pourrez alors accepter le donneur ou non : si vous n’êtes pas d’accord, la clinique vous proposera un autre donneur.
Dans le cadre d’un donneur provenant d’une banque externe : on fera le même travail avec les informations disponibles dans cette banque de sperme, l’avantage étant que celles-ci proposent souvent de voir des photos du donneur enfant (jamais adulte).
Oui, c’est exactement ça. Vous allez vous rapprocher d’une banque de sperme (par exemple Cryos ou European Sperm Bank), et choisir votre donneur sur leur page web. La banque vérifiera que ce donneur est adapté au type de traitement que vous faites (pour une insémination intra-utérine, il faut un donneur avec une mobilité des spermatozoïdes supérieure, alors que pour une FIV, on peut travailler en principe avec toutes les paillettes).
Dans 90 %des cas, c’est la clinique qui commande la paillette après avoir vérifié que celle-ci correspond à la loi portugaise (donneur avec identité ouverte et avec des caractéristiques physiques compatibles).
Parfois, la patiente a déjà « réservé » des paillettes auprès d’une banque de sperme, la clinique se charge alors avec la banque de sperme de les faire transporter dans notre laboratoire.
Oui, c’est possible de choisir un donneur d’un autre phénotype. La plupart du temps, les femmes préfèrent quelqu’un qui ait les mêmes caractéristiques physiques qu’elles, mais il y a des exceptions. Nous respectons toujours le choix de la patiente, dans les limites de disponibilité des donneurs bien sûr. Chaque femme a ses raisons et ce n’est pas à nous de les juger.
La première chose à faire, c’est d’évaluer votre réserve ovarienne. Les trois paramètres importants sont le comptage des follicules (nombre de follicules à l’intérieur des ovaires), l’hormone FSH et l’hormone antimüllérienne. À 45 ans, un pourcentage significatif de femmes a déjà une réserve ovarienne trop faible, mais il y a des exceptions. Notre premier conseil, c’est de ne pas perdre de temps et d’avancer au plus vite, c’est un peu une course contre-la-montre.
En termes de risques : le premier risque, c’est le risque d’échec : soit de ne pas avoir de réponse des ovaires à la stimulation (et donc pas d’embryon), soit d’obtenir un embryon non viable. Il y a des embryons qui arrivent à J5 mais qui ne sont pas viables parce qu’il y a un problème d’altération chromosomique. Nous recommandons doc de faire le DPI (ou PGT-A) pour vérifier si l’embryon est viable. Si c’est le cas, il faudra optimiser l’endomètre pour maximiser la probabilité de grossesse. Si l’embryon porte malheureusement une anomalie chromosomique, on ne fera pas le transfert.
De notre côté, nous pouvons avancer, mais il faut que la patiente soit bien consciente des probabilités de succès.
Il n’y a aucun délai de notre côté, ça dépendra même plutôt de la disponibilité des patientes parce que nous leur demandons de réaliser plusieurs tests (certaines prises de sang sont légalement obligatoires, et certaines sont nécessaires comme l’hormone antimüllérienne). Ces prises de sang doivent être faites à un moment concret du cycle, et la patiente peut les réaliser dans son pays d’origine.
Les femmes qui ont un âge plus avancé sont prioritaires : même si nous sommes débordés, nous allons ouvrir des « disponibilités extraordinaires » parce qu’on ne peut pas se permettre de perdre du temps.
Non, nous n’avons pas encore assez de recul au Portugal pour le savoir. Il y a seulement deux pays en Europe qui ont changé de loi il y a longtemps, il s’agit de la Suède dans les années 90 et du Royaume-Uni en 2004. Selon les rapports qui existent, il n’y a pas énormément de demandes d’accès à l’identité.
En France, il y a l’association française « PMA non anonyme » et on voit qu’il y a quand même des personnes qui font beaucoup d’effort pour retrouver leurs donneurs – donc il y a une envie très claire de la part des enfants.
Je pense que c’est aussi une question culturelle parce que les nouvelles générations recherchent la transparence partout et je pense que le nombre de demandes sera de plus en plus significatif. La loi a changé en 2018 au Portugal, donc, ça sera vers 2036 – 2037 que nous commencerons à avoir les premières demandes – et je pense que nous allons en recevoir beaucoup.
Le double don implique le don d’ovocytes – et cela n’est pas facile à accepter pour une grande partie des femmes, car il leur faut faire le deuil de leur propre fertilité et de leur patrimoine génétique. Ce n’est jamais un premier choix.
Il est important de prendre en compte l’épigénétique, c’est-à-dire les altérations génétiques qui arrivent après la conception et qui dépendent de l’organisme de la mère. Tout le développement embryonnaire est un dialogue entre le corps la femme et celui du bébé, il y a des gènes maternels qui activent ou inactivent les gènes du bébé et tout ce « dialogue génétique » à un rôle significatif dans le développement de l’embryon.
En général, les femmes l’acceptent très bien au final, car le don d’ovocytes est une énorme source d’espoir pour elles. De plus, il y a un lien qui se crée quand elles sentent le bébé bouger, lors de l’accouchement et pendant la lactation (si la femme décide d’allaiter).
Notre clinique existe depuis 22 ans et nous avons toujours été très spécialisés dans le don d’ovocytes, et je peux vous dire que les résultats sont extrêmement favorables.
Dans le la communauté scientifique, initialement, on disait toujours que la quantité idéale était entre 8 et 15 ovocytes, mais des études plus récentes ont indiqué qu’il n’y a pas vraiment de limite pour le nombre d’ovocytes – c’est-à-dire que la probabilité de grossesse augmente toujours avec l’augmentation du nombre d’ovocytes disponibles.
Cependant, bien que la probabilité de grossesse augmente avec le nombre d’ovocytes, c’est aussi vrai que le pourcentage d’ovocytes avec des caractéristiques anormales va augmenter également. Mais si on regarde l’objectif qui est d’avoir un bébé, c’est préférable d’avoir 20 ou 25 ovocytes que 10 ou 15.
C’est une bonne question, parce qu’actuellement, nous sommes dans la période de transition de la loi. Nous avions des embryons qui ont été donnés du temps de l’anonymat, mais nous ne pouvons les « utiliser » que jusqu’au mois de juillet 2024, et la majorité des patientes aujourd’hui cherchent des embryons « non anonymes ».
En ce moment, il n’y a pas de délai, car nous avons pas mal d’embryons des deux types, mais cela peut changer et d’ailleurs cela n’a pas toujours été le cas : par exemple après la pandémie, nous avons eu une pénurie d’embryons parce que les patients ont tous décalé leurs traitements et nous avons reçu énormément de demandes d’un coup.
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