L’effet de l’endométriose sur le résultat de la FIV/ICSI?

Laura Garcia-Miguel
Directrice Medicale , Clínica Tambre

Categoria:
L’endométriose

L'EFFET DE L'ENDOMÉTRIOSE SUR LE RÉSULTAT DE LA FIV:ICSI_Tambre_r
En este video podrás descubrir:
  • Qu’est-ce que c’est l’endométriose?
  • Comment diagnostiquer l’endométriose?
  • Est-ce que l’endométriose affecte la fertilité ?
  • Quelles sont les options de traitement de fertilité?
  • Quelles sont les options en matière de fertilité?

L’effet de l’endométriose sur le résultat de la FIV/ICSI?

Lors de notre événement en direct avec le Dr Laura García Miguel, directrice médicale de la clinique Tambre à Madrid, celle-ci a expliqué comment l’endométriose peut influencer les résultats des traitements de FIV/ICSI.

Le webinaire a été animé par Stéphanie Toulemonde, coach en fertilité émotionnelle et cofondatrice de She Oak à Barcelone.

Qu’est-ce que c’est l’endométriose?

L’endométriose affecte environ 10-15% des femmes en âge d’avoir des enfants. La cause n’a pas encore été scientifiquement prouvée, mais il s’agit probablement d’un problème multifactoriel avec une variable génétique, immunologique et aussi endocrinienne.

En quoi consiste l’endométriose ?

Il s’agit de cellules de l’endomètre qui se développent non seulement dans la cavité utérine ou dans l’endomètre mais également sur les ovaires, sur les trompes ou sur les intestins sous forme de kystes. Lorsque ces cellules se développement sur les parois de l’utérus, c’est ce qu’on appelle de l’adénomiose.

Les symptômes les plus fréquents sont de fortes douleurs pendant les règles, des saignements menstruels abondants et irréguliers, des douleurs pendant les rapports sexuels, des changements dans le rythme du colon. Mais dans 50% des cas, la maladie est « silencieuse », c’est-à-dire qu’il n’y a pas de symptôme. C’est souvent quand la femme n’arrive pas à tomber enceinte qu’on va alors poser un diagnostic d’endométriose.

Comment diagnostiquer l’endométriose?

On peut faire un diagnostic par laparoscopie (technique chirurgicale qui permet, par une petite ouverture de la paroi de l’abdomen, d’observer l’intérieur de la cavité abdominale ou pelvienne). Parfois, des foyers endométriaux plus importants ou des kystes sur les ovaires peuvent être observés à l’échographie. Mais le diagnostic est souvent difficile et prend parfois plusieurs années.

Est-ce que l’endométriose affecte la fertilité ?

Jusqu’à 50% de patientes atteintes d’endométriose présentent des problèmes de fertilité. Les principaux problèmes sont:

  • un blocage des trompes de Fallope ou une difficulté du mouvement des trompes, ce qui provoque des difficultés de fécondation et d’implantation de l’embryon
  • une diminution de la réserve ovarienne et de la qualité des ovules, puisque les kystes liés à l’endométriose affectent principalement les ovaires
  • des changements dans le cycle menstruel
  • une détérioration de l’environnement immunitaire et de l’implantation, causant une moins bonne réceptivité de l’endomètre.

Quelles sont les options de traitement de fertilité?

Il y a 2 approches pour traiter l’endométriose : l’approche chirurgicale et l’approche conservatrice.

L’ablation chirurgicale peut améliorer les symptômes et la douleur, mais peut affecter et diminuer la réserve ovarienne.
Chaque cas est traité individuellement en fonction de sa gravité : s’il y a une douleur importante, ou s’il y a des problèmes au niveau du rythme urinaire ou du rythme de déposition, il faudra envisager une chirurgie.

Cependant, si la douleur n’est pas intolérable, l’idéal est d’éviter la chirurgie et de privilégier une approche plus conservatrice. On préconise alors un traitement médical pour la douleur, et la suppression de la fonction ovarienne par les hormones. En inhibant l’ovulation, on réduit l’activité de l’endométriose.

Quelles sont les options en matière de fertilité ?

Pour des patientes jeunes et souffrants d’endométriose légère, la première option est l’insémination artificielle.
Cependant, dans les cas d’endométriose plus prononcée, l’insémination n’a pas un taux réussite très élevé et on va plutôt se diriger vers la fécondation in vitro (FIV/ICSI).

Et dans les cas de très faible réserve ovarienne faible et/ou de très mauvaise qualité ovocytaire, on va recourir au don d’ovocytes.

L’endométriose affecte surtout les ovaires (réserve ovarienne et/ou qualité ovocytaire), mais pas uniquement, car elle peut également avoir un impact sur la réceptivité de l’endomètre à plusieurs niveaux:

  • inflammation chronique de l’endomètre
  • modification du microbiome de la muqueuse endométriale
  • résistance relative à la progestérone

Il y a alors plusieurs solutions à mettre en place pour améliorer la réceptivité de l’endomètre:

  • Agir sur la fenêtre d’implantation : 30% des patientes atteintes d’endométriose présentent une altération au niveau de la fenêtre d’implantation. Elles ont ce que l’on appelle un endomètre pré-réceptif ou post-réceptif. Le test ERA, réalisé sous forme de biopsie pendant le cycle précédant, peut aider à déterminer la sensibilité de cette fenêtre d’implantation.
  • Exclure une infection endométriale au travers du test ALICE (également une biopsie de l’endomètre)
  • Identifier des altérations au niveau du microbiome au travers du test EMMA
  • Contrôler le taux de progestérone avant le transfert (et complémenter si besoin)

Lorsqu’une femme a un long parcours d’infertilité lié à une endométriose, on va donc recommander de faire les tests ERA + EMMA + ALICE.

Y a-t-il plus de risques une fois que l’on a obtenu une grossesse?

Non, la bonne nouvelle c’est qu’une fois la grossesse établie, il n’y a pas de risque plus élevé de fausse couche pour les femmes souffrant d’endométriose.
Par ailleurs, les symptômes liés à l’endométriose seront beaucoup plus faibles puisque, en l’absence d’ovulation, les douleurs vont disparaître. C’est aussi la raison pour laquelle il est recommandable de faire un allaitement prolongé, afin de prolonger ce blocage de l’ovulation et empêcher la maladie de progresser.

En revanche, il y a un risque de récidive de l’endométriose après la grossesse et après l’allaitement.

En Conclusion

  • L’endométriose est une cause fréquente d’infertilité.
  • La décision d’un traitement chirurgical dépendra de la gravité et des symptômes.
  • L’endométriose peut entraîner une conglutination des trompes de Fallope, de faibles réserves ovariennes et une faible réceptivité de l’endomètre.
  • Si vous souhaitez avoir des enfants et que vous souffrez d’endométriose sévère, la FIV/ICSI est la meilleure option thérapeutique.
  • Le don d’ovules est une option en cas de faible réserve ovarienne, avec le même taux de grossesse.

 

Quelle est la différence entre l’endométriose et l’adénomiose ?

L’adénomiose, concrètement, c’est de l’endométriose sur la paroi de l’utérus.

L’endométriose, elle, atteint plus les trompes, les ovaires, les intestins et le système urinaire.

Une fois l’embryon implanté, est-ce que le pourcentage de fausse-couche est supérieur chez les femmes qui présentent de l’endométriose et ou de l’adénomiose ?

Avec l’adénomiose, oui, il y a clairement un risque supérieur de fausse couche.

Avec l’endométriose, on peut avoir un peu plus de fausses-couches mais ceci est lié à la qualité des ovules (altérée par la maladie) et donc à la viabilité des embryons. Mais par exemple, si une femme passe par un don d’ovocytes, elle n’a pas plus de risque de fausse-couche avec ou sans endométriose. L’endométriose n’a pas d’impact sur le fait que l’embryon reste « accroché »

A quoi servent les tests EMMA et ALICE ?

Pour obtenir une grossesse, il faut avoir trois choses : un bon embryon, un bon utérus, et un bon système de coagulation.

Les tests EMMA et ALICE permettent de voir s’il y a des infections dans l’utérus, des bactéries (par exemple urea plasma ou mycoplasma), ou une altération du microbiome au niveau de la charge en lactovacillus qui peuvent avoir un impact sur la réceptivité de l’endomètre.

Ces tests vont permettre de mettre en place des traitements adaptés :

  • en cas de bactéries identifiées par le test ALICE, un traitement par antibiotiques.
  • en cas d’altération du microbiome mise en lumière par le test EMMA, un traitement par probiotiques.

Quelles sont vos recommandations en termes de style de vie pour les femmes qui souffrent d’endométriose ? Est-ce qu’il y a des choses qu’on peut faire d’un point de vue naturel pour soulager les symptômes et pour améliorer la fertilité ?

La première chose à faire pour toutes les patientes ayant un désir d’enfant ou non, c’est de faire une révision gynécologique tous les ans afin de pouvoir diagnostiquer au plus tôt de l’endométriose ou une faible réserve ovarienne.

Si vous avez des douleurs pendant les relations sexuelles et pendant vos règles, il faut bien insister pour qu’on vous fasse un éco 3D et une IRM pour accélérer le diagnostic.

Concrètement sur l’endométriose, la diète peut avoir un impact sur la progression de la maladie. Adoptez au maximum une diète anti-inflammatoire (réduire le gluten par exemple), et prenez des anti-oxydants en complément.

Est-ce que l’endométriose ça peut arriver de manière tardive ?

Tout à fait. Normalement les symptômes arrivent vers 20 ou 30 ans mais il est possible d’avoir un diagnostic tardif, notamment quand la femme commence à essayer de tomber enceinte.

Si je n’ai pas de projet d’enfant dans l’immédiat, est-ce que la contraception est une bonne idée pour prévenir la progression de l’endométriose ?

Oui, tout à fait, prendre une pilule en continu c’est ce qui nous donne de meilleurs résultats.

Si la femme a moins de 35 ans, on recommandera également de congeler ses ovocytes – mais il faut bien être consciente que la congélation des ovocytes n’est pas une garantie de grossesse, surtout pour des patientes avec de l’endométriose.

C’est pourquoi il faut le faire le plus tôt possible.

Est-ce que la laparoscopie est la même chose que l’hystérographie ?

Non, l’hystérographie c’est un test par l’image, une radiographie par voie vaginale.

La laparoscopie, c’est une chirurgie où on va insuffler du gaz dans l’abdomen afin de voir directement dans la cavité de l’abdomen.

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Laura Garcia-Miguel

Le Dr Laura García de Miguel travaille dans le domaine de la gynécologie et de l'obstétrique depuis 2008. Elle est actuellement Directrice médicale de la Clínica Tambre à Madrid, en Espagne. La Dre García de Miguel a une grande expérience de la FIV et propose une approche très personnalisée à chaque patiente et des traitements sur mesure pour répondre aux besoins des différents patients. La Dre García de Miguel est spécialisée dans le traitement des patients qui ont déjà connu des échecs de FIV ou qui réagissent mal à un traitement hormonal ou de FIV. La Dre Laura parle couramment l'espagnol, l'anglais et le français et traite des patients du monde entier.
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Stéphanie Toulemonde

Stéphanie Toulemonde est une mère de deux magnifiques filles conçues par FIV et une Coach en Fertilité. Elle a vécu l'infertilité et les traitements de procréation médicalement assistée, ainsi que les montagnes russes émotionnelles associées à ces processus : l'espoir de fonder une famille mêlé à des sentiments plus complexes tels que la déception, la tristesse, le stress, la colère, la jalousie, la solitude, la culpabilité, les piqûres, l'attente, etc. Après la naissance de ses filles, elle a ressenti le besoin d'agir et d'apporter son aide et son soutien aux femmes et aux couples. Elle s'est formée et certifiée en tant que coach professionnel au CTI (Coaches Training Institute) et accompagne depuis 2017 les personnes en traitement de fertilité. À travers le coaching, elle les aide à mieux vivre le processus, à accepter leurs émotions, à renouer avec la confiance, à prendre des décisions parfois complexes, à communiquer avec leur entourage, à valoriser d'autres aspects de leur vie et à ne pas vivre à 100% pour ce désir de maternité ou paternité. De plus, elle est co-fondatrice de l'association She Oak à Barcelone, une organisation à but non lucratif offrant un soutien émotionnel, psychologique et physiologique (via des thérapies naturelles) aux futurs parents.
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